NEWSLETTER N°10

CG NEWS Lettre N°10

 

Déjà 10 ans pour l’Association Française des Conseillers en Génétique et la profession en France ! Bravo.

Le 26 Juin prochain  sera marqué par la célébration de ces 10 ans, une cérémonie officielle qui aura lieu au site administratif d’Aix  Marseille Université, le Pharo. Vous connaissez probablement tous ce magnifique site face au Vieux Port et à la mer. L’assemblée générale des conseillers en génétique aura lieu à la même période, avec une remise de prix sur les présentations (le tout, à l’Amphithéâtre du bâtiment de Marseille -Université).

Conseiller en génétique fait désormais partie du vocabulaire courant des généticiens français. En 2014, ce n’est pas moins de 151 conseillers en génétiques diplômés et la majorité sont en poste aujourd’hui.

Marie-Antoinette VOELCKEL, présidente de l’AFCG, nous dit un mot : « Le 26 juin 2015, nous fêterons les 10 ans des premiers diplômés du Master formant les conseillers en génétique et les 10 ans de l’A.F.C.G :

« L’A.F.C.G organise, en la présence du Pr Yvon BERLAND, Président d’Aix-Marseille Université, une remise des diplômes pour la promotion 2015 dans l’amphithéâtre du Pharo d’Aix-Marseille Université. »

Seront présents: les Professeurs Nicole Philip, Hagay Sobol et Jean-Louis Mege, responsables de l’enseignement et de la formation du Master de conseil génétique et médecine prédictive, le Pr J-F Mattei ex-ministre de la santé, généticien et membre d’honneur de l’association, le Professeur Heather Skirton « Professor of Applied Health Genetics, Plymouth University, Chair of the European Board of Medical Genetics » (European Society of Human Genetics), le Pr Nicolas LEVY, responsable du Département de Génétique Médical (CHU Timone Marseille), le Recteur de l’Académie, les représentants de l’état et des collectivités territoriales, un représentant de la Fédération Française de Génétique Humaine (FFGH), de la Fondation Maladies Rares, de l’ INCa, des Associations de patients…

Nous nous retrouverons, conseillers en génétique et famille, pour partager un grand moment de convivialité pour la soirée ».

 

Par Dr Souria Aissaoui

 

Comité de Relecture : Pr Sylvie Odent (Généticienne, Rennes, et Coordinatrice du 30ème séminaire de génétique clinique et de conseil génétique St Malo), Dr Benoit Funalot (Généticien, Créteil), Mme Camille Prevot (conseillère en génétique, Cochin), Mme Delphine Corbeau (conseillère génétique, Rouen), Mme Lyse Ruaud (Interne de Génétique, Rouen), Mme Marie-Antoinette VOELCKEL (conseillère en génétique Timone, Marseille), Pr Anne-Paule Gimenez-Roqueplo (HEGP, Paris).

 

 

Mise en Page : Thomas Seytier

 

Pour + d’infos, pour des remarques, si vous souhaitez qu’un sujet soit traité à la prochaine CG-News : contactez-nous (via site de l’AFCG).

 

L’arrêté du 8 décembre 2014 définissant les règles de bonne pratique relatives à la mise en œuvre de l’information à la parentèle

Le décret d’application relatif aux conditions de mise en œuvre de l’information de la parentèle, publié il y a deux ans au journal officiel du 22 juin 2013, fait référence à deux arrêtés complémentaires1. Tout d’abord, l’arrêté fixant le modèle de la lettre qui doit être adressée par le médecin prescripteur aux membres de la famille potentiellement concernés, lorsque le patient ne souhaite pas procéder lui-même à cette information. Ensuite l’arrêté fixant les règles de bonnes pratiques relatives à la mise en œuvre de l’information à la parentèle qui sont rédigés sur proposition conjointe de l’Agence de Biomédecine et de la Haute Autorité de Santé.

Le modèle de lettre a été publié au journal officiel le même jour que le décret d’application de la loi sur l’information de la parentèle. L’arrêté définissant les bonnes pratiques a été publié 18 mois plus tard, le 19 décembre 2014.

 

L’objectif de ces bonnes pratiques est de donner des indications permettant au prescripteur d’évaluer dans quels cas le dispositif d’information de la parentèle doit être mise en œuvre2.

En effet, quelques points se devaient d’être éclaircis suite à la parution du décret du 20 juin 2013 : qu’est-ce qu’une affection grave3? Jusqu’à quels degrés de parenté doit-on informer les membres de la famille ? Qu’est-ce que des mesures de préventions ou de soins dans le cadre de la loi4?

 

Les règles de bonnes pratiques tentent donc de définir :

  1. Les critères permettant d’identifier les affections graves causées par des anomalies génétiques.
  2. Les critères permettant d’identifier les affections graves pour lesquelles il existe une forte probabilité qu’aucune mesure de prévention ou de soins n’existe (car dans ce cas-là, le patient doit être référé vers un médecin œuvrant au sein d’une équipe pluridisciplinaire de diagnostic présymptomatique).
  3. Les critères médicaux facilitant l’identification des apparentés potentiellement concernés par l’information génétique.

Par ailleurs, l’arrêté du 8 décembre 2014 complète le décret du 20 juin 2013 sur l’information à la parentèle, en précisant :

  1. Les informations que le médecin doit délivrer au patient sur les conséquences d’un éventuel refus de sa part de transmettre l’information à ses apparentés.
  2. Les éléments susceptibles de figurer dans le document écrit à remettre au patient en amont de la prescription de l’examen des caractéristiques génétiques.
  3. Les mesures possibles d’accompagnement du patient dans la démarche d’information des apparentés concernés

 

Le décret rappelle que les critères permettant d’identifier une maladie comme grave (ou d’en déterminer le degré de gravité) sont définis par le risque de décès prématuré et d’handicap sévère, les manifestations probables de la maladie, sa variabilité d’expression et l’état actuel des connaissances.

Concernant le cas particulier de la prescription d’analyses génétiques pour les maladies pour lesquelles il n’existe aucune mesure de prévention ou de soin, il est précisé que sont considérés comme mesures de préventions ou de soins « tout acte de soin permettant d’éviter la maladie, d’en retarder l’apparition ou d’en diminuer la gravité ».

 

Le troisième point abordé dans le décret concerne les apparentés à informer de l’existence d’une anomalie génétique. Le décret stipule que, dans le cas général, seuls les membres de la famille apparentés au premier degré c’est-à-dire les parents, enfants, frères et sœurs doivent être obligatoirement informés de l’existence de la mutation.

Ensuite, selon le mode de transmission (transmission lié à l’X ou mitochondriale, effet d’empreinte parentale) ou selon la pénétrance de la maladie ou encore l’impossibilité d’informer au 1er degré, le patient ou le médecin doit être amené à informer ses apparentés au second degré ou plus.

Pour les affections de transmission autosomique récessive, la fréquence des hétérozygotes dans la population générale et la faisabilité de l’analyse chez le conjoint sont aussi à prendre en compte, tout comme les éventuelles unions consanguines.

 

Autre point plus pratique et intéressant du décret : le contenu du document écrit à remettre au patient suite à la prescription du test. Il doit contenir : les coordonnées de prescripteur, l’indication de la prescription, rappeler l’importance de la diffusion de l’information à la parentèle et les différentes possibilités de diffusion (par la personne elle-même ou par le médecin prescripteur)5.

Lors du rendu du résultat, le document est complété par le nom de l’affection concernée et, dans le cas où la copie du résultat ne serait pas remise au patient, le descriptif précis de l’anomalie génétique et les coordonnées du laboratoire ayant réalisé l’examen doivent être ajoutés.

Il faut également mentionner les membres de la famille devant être informés de la mise en évidence de la mutation délétère. Les coordonnées d’Orphanet doivent donc apparaitre sur le document afin que le patient et ses apparentés aient accès aux coordonnées des consultations de génétique et des associations de patients.

 

Pour conclure, l’arrêté du 8 décembre 2014 complète celui du 27 mai 2013, qui définit les règles de bonnes pratiques applicables à l’examen des caractéristiques génétiques et a été publié en amont du décret sur l’information de la parentèle. De ce fait, l’arrêté du 27 mai 2013 n’avait pas pu intégrer les nouvelles modalités sur l’information de la parentèle. En revanche, les règles de bonnes pratiques de 2013 s’appliquent aux examens de susceptibilité, ce qui n’est pas le cas du décret du 8 décembre 2014 qui exclut les tests de susceptibilité du dispositif d’information de la parentèle.

 

Par Bérénice Hebrard

 

30ème séminaire de génétique clinique et de conseil génétique – 29 et 30 janvier 2015 – Saint Malo

La première journée fut consacrée aux nouvelles technologies, NGS, exome et arrivée prochaine du génome dont l’enjeu principal est médico-économique (augmenter le rendement diagnostique, limiter les coûts et raccourcir le délai de rendu des résultats). Elles permettent également l’identification de nouvelles bases moléculaires de pathologies rares. Cependant, ces techniques ont leurs limites et l’interprétation des résultats peut être difficile rendant très important la relation clinico-biologique et le « reverse phenotyping » (maîtres mots de cette journée), c’est-à-dire de revenir constamment vers la clinique pour valider les variants identifiés. Ces technologies soulèvent également des questions éthiques et l’importance de prendre en compte l’attente des patients.

Le NGS avec panel ciblé permet la détection de mutation ponctuelle, de CNV et de mutation en mosaïque si la couverture est suffisamment importante. Cette approche demande une sélection de gènes en amont.

 

Il en découle donc un manque de souplesse pour l’inclusion de gènes supplémentaires mais en général une bonne couverture des gènes ciblés. Il a été pris l’exemple du diagnostic moléculaire de l’holoprosencéphalie (HPE) dont le rendement, jusqu’alors de 27% avec l’étude de 4 gènes majeurs en Sanger et MLPA, est passé à 30-35% grâce à l’utilisation d’une approche NGS ciblée sur 20 gènes (AmpliSeq) et aurait également permis de retrouver une nouvelle origine génétique (non encore validée) dans 10-15% des cas.

Dans le cadre du diagnostic de la déficience intellectuelle (DI) (rendement actuel de 30%), le panel de séquençage Illumina Trusight (4813 gènes associés à des maladies héréditaires) a permis l’identification supplémentaire d’une origine moléculaire dans 20-30% des cas et une possible implication d’autres gènes non encore validés chez 10-20% des patients restants.

 

L’exome, quant à lui, a prouvé son utilité dans le cadre de maladies avec grande hétérogénéité génétique ainsi que pour les pathologies avec clinique aspécifique, orientation difficile à établir, ou clinique peu connue. Son rendement diagnostique dans la DI est actuellement estimé à 16-50% et permet une ré-analyse des données avec l’avancée des connaissances. Les limites actuelles de cette technique sont : la couverture incomplète, l’impossibilité de détecter des répétitions de triplets, des anomalies introniques, des anomalies de méthylation et des CNVs de petites tailles. Concernant les découvertes fortuites, l’American College of Medical Genetics recommande de rendre les variants pour 56 gènes associés à des pathologies pour lesquelles une prise en charge préventive existe.

 

Il nous a alors été présenté le point de vue des trois principaux intervenants impliqués dans cette technique pangénomique : 1) le clinicien opte pour la meilleure stratégie diagnostique en fonction de la clinique (spécifique vs aspécifique – analyse ciblée vs exome) ; 2) le biologiste développe cette technique en routine (non encore systématisée), tous deux collaborent pour l’interprétation des résultats grâce notamment au « reverse phenotyping » ; 3) l’industriel, en étroite collaboration avec eux, optimise l’accès aux résultats (rapidité, qualité, fiabilité et reproductibilité) qui implique une industrialisation dans le traitement des données (bio-informatique, informatique, chercheurs).

Concernant l’étude des CNVs, l’exome en permet une bonne détection (concordance >90% avec résultats de CGHa) lorsque la taille est supérieure à 100Kb et possède des limites communes à la CGHa et la SNPa. L’arrivée du Séquençage Massif en Parallèle (SMP), détectant également des variations de structure, a permis d’envisager l’étude des points de cassure de remaniements chromosomiques apparemment équilibrés chez des patients présentant un phénotype anormal.

 

Au final, le développement des techniques tend vers un test unique que sera le génome qui se développe en parallèle et dont le frein actuel n’est plus tant le coût, en baisse, mais bien l’interprétation des résultats obtenus.

 

Il se pose ainsi la question de l’utilisation de ces techniques en anténatal avec le diagnostic prénatal non invasif (DPNI) sur sang maternel. Comparé au dépistage des aneuploïdies via les marqueurs sériques, le taux de détection du DPNI est plus élevé (99% pour la T21, 97% pour la T13, 92% pour la T18). Certaines firmes proposent en supplément le DPNI de dysgonosomies et de certains syndromes microdélétionnels par SNP. L’utilisation d’une technique pangénomique en prénatal, comme en post-natal, doit être précédée de réflexions au niveau éthique, financier, juridique et sociologique. Il est alors proposé la mise en place de documents communs ainsi que des cellules éthiques pluridisciplinaires locales et nationales.

 

La difficulté d’interprétation de ces techniques donne encore plus de sens au regroupement de données dans une même base (exemple de PhenomeCentral). Il nous a également été présenté divers outils internet d’aide au diagnostic, de formation, d’information, de base de données, …. qui seront répertoriés sur le site de la FFGH. Ils n’utilisent pas la même terminologie clinique et il est alors proposé un « langage » commun ICHPT (International Consortium for Human Phenotype Terminologies) contenant environ 2300 signes cliniques qui sera publié sur le site de l’IRDiRC.

 

Au niveau des attentes des patients, ce qu’il ressort des écoutes de la Plateforme Maladies Rares est une errance diagnostique, un manque de coordination entre professionnels de la santé et médico-social ainsi qu’un manque d’accompagnement. Le malade devient « le malade expert », acteur de la recherche notamment via les associations qui permettent de lever des fonds, d’orienter les priorités de recherche et de créer des cohortes.

 

La deuxième matinée fut consacrée aux maladies métaboliques. L’autisme est une manifestation fréquemment retrouvée au sein de ces affections mais l’inverse est beaucoup plus rare. L’intérêt d’un bilan de base, en cas d’autisme pur est à discuter en fonction de l’âge de l’enfant et de l’existence de traitement éventuel. A l’inverse, certaines maladies métaboliques peuvent ne se manifester que tardivement, y compris à l’âge adulte, et comportent très souvent des manifestations neuropsychiatriques. La recherche de signes extra-neurologiques est également essentielle. L’importance du diagnostic de ces pathologies est grande puisque l’amélioration clinique sous traitement peut être spectaculaire. Il est alors légitime de penser à rechercher une telle maladie métabolique en présence, notamment, de symptômes fluctuants déclenchés par le jeun, l’exercice, la fièvre, une situation d’hypercatabolisme ou le post-partum, devant une association illégitime de signes neurologiques et systémiques et/ou en présence d’antécédents familiaux. Le bilan métabolique de base comporte généralement l’étude de métabolites sanguins et urinaires. Cependant, les dosages de certains métabolites comme les neurotransmetteurs et le 5-MTHF (méthylTétraHydroFolate) ne sont interprétables que dans le LCR.

 

Dans le cas des anomalies des neurotransmetteurs, il peut s’agir de déficit primaire (erreur de la biosynthèse, de la dégradation ou du transport des amines biogènes et de leur cofacteur (BH4)) ou secondaire. Le phénotype clinique est très hétérogène (troubles moteurs, neurologiques, neurovégétatifs) avec une révélation généralement pédiatrique, bien que des formes modérées ou à révélation tardive (sûrement sous-diagnostiquées) peuvent exister. Ce type de pathologies doit être évoqué devant une encéphalopathie et des troubles moteurs ou dysautonomiques inexpliqués. Des profils biochimiques d’anomalies des neurotransmetteurs dans le LCR ont été établis afin d’orienter le diagnostic clinique et moléculaire bien que ce dernier reste encore rare, le NGS pourra probablement aider à augmenter le rendement.

 

La diminution du 5-MTHF dans le LCR est, quant à elle, caractéristique d’un déficit intracérébral en folate qui peut être soit primaire, soit secondaire, avec un déficit soit central (taux sérique de folate normal) soit périphérique (taux sérique de folate bas). La clinique est également hétérogène et le principal déficit primaire central est le syndrome de déficit intracérébral en folates.

 

Les aspects cliniques et thérapeutiques de la phénylcétonurie (PCU) ont été abordés. Son principal traitement actuel est l’instauration d’un régime diététique strict qu’il est de plus en plus recommandé de maintenir à vie. En effet, il a été observé l’apparition de troubles neurologiques mineurs voire sévères ainsi que des altérations des fonctions exécutives, des déficits cognitifs, des problèmes comportementaux et psychiatriques à l’âge adulte en l’absence de régime. Une nouvelle thérapeutique est maintenant suggérée, le BH4, cofacteur naturel de la phénylalanie hydroxylase, qui permet d’améliorer le contrôle métabolique avec un régime alimentaire quasi-normalisé et n’entraine pas d’effet secondaire majeur. Ses effets bénéfiques à long terme doivent encore être confirmés. Cependant, ce traitement ne concerne que 30-50% des patients (surtout formes atypiques de PCU) et il est donc important de développer d’autres approches thérapeutiques.

 

La deuxième après-midi fut consacrée à la relation entre DI et cancers. Le cancer touche aussi fréquemment les personnes souffrant de DI que celles issues de la population générale avec une différence en fonction du type d’organe touché, de l’âge d’apparition et de la présentation clinique. Les facteurs influençant la survenue ou non d’un cancer chez les personnes en situation de DI, sont : le risque propre à l’atteinte elle-même, les conditions de vie du sujet atteint et le risque environnemental/génétique propre à la famille. Les difficultés diagnostiques et thérapeutiques chez ces patients ont été évoquées. Afin d’optimiser la prise en charge des cancers chez des personnes avec DI, le projet ONCODEFI (www.oncodefi.org) a été créée avec notamment la réalisation de livrets.

 

En fonction de la nature (activation vs inactivation) et de la temporalité, une mutation dans un même gène peut être responsable soit d’anomalies du développement (constitutionnelle) soit de cancer (somatique). Par exemple, les mutations constitutionnelles de la voie RAS/MAPK sont responsables d’anomalies du développement (RASopathies) et des mutations somatiques de RAS sont très fréquentes dans des tumeurs malignes. De ce fait, on peut se demander quel est le risque de cancer dans les RASopathies. De nouvelles études visent à apprécier le spectre et le risque de tumeurs associés à ces pathologies et essayent d’émettre une corrélation génotype-phénotype (mutation-risque de cancer).

 

D’autres anomalies du développement sont également associées à une prédisposition aux cancers de l’enfant telles que le syndrome de Beckwith-Wiedemann ou la NF1. L’étude TED (Tumeur Et Développement) vise à recenser et à étudier les associations entre tumeur pédiatrique et anomalie du développement afin de mieux caractériser ces syndromes malformatifs associés aux cancers, de définir de nouveaux syndromes de prédispositions aux cancers et de développer de nouvelles thérapeutiques.

 

La deuxième journée a également fait l’objet de nombreuses communications orales libres.

 

Par Christelle Cabrol

 

Registre Français Du Paragangliome Héréditaire   SDHX Dépendant

Le paragangliome héréditaire SDH-dépendant est une maladie rare secondaire à une mutation constitutionnelle sur l’un des gènes SDHx (SDHD, SDHC, SDHB, SDHAF2, SDHA) se manifestant par l’association de paragangliomes de la tête et du cou, du thorax, de l’abdomen et du pelvis pouvant secréter des catécholamines et être responsables de d’hypertension artérielle ou de complications cardiovasculaires.

Le registre français du paragangliome héréditaire SDH-dépendant PGL.R est dédié a collecter l’ensemble des sujets atteints de paragangliome héréditaire en France et ayant développé au moins une tumeur. Ce registre a été qualifié par le Comité National des Registres Maladies Rares, l’institut de veille sanitaire (InVS) et l’INSERM en 2013.

 

Objectifs de l’étude

  1. Réaliser une collecte centralisée et prospective des données afin d’apprécier l’histoire naturelle de la maladie qui reste méconnue ;
  2. mener une prise en charge et un suivi adapté à la maladie sur l’ensemble du territoire afin de valider des recommandations de suivi ;
  3. poursuivre un travail collaboratif pluridisciplinaire de recherche sur cette maladie rare.

 

Inclusions

Les inclusions ont été réalisées de façon prospective à partir de Janvier 2014, et rétrospective. Les patients inclus dans PGL.R sont uniquement ceux ayant une mutation identifiée sur un des gènes SDHx et ayant développé un paragangliome ou un phéochromocytome.

 

Collecte des données

Volet prospectif

La stratégie adoptée pour le recrutement des patients à inclure consiste à s’appuyer sur les résultats du test génétique grâce à une collaboration active entre les 5 laboratoires français réalisant l’analyse des gènes SDHx (Paris, Lyon, Angers, Marseille et Lille).

En cas de résultat positif, les différents documents du registre sont envoyés au Médecin prescripteur, qui remplit le formulaire du registre puis l’adresse à l’Hôpital Européen George Pompidou où les informations sont centralisées sur une base de données gérée par l’unité de recherche clinique.

 

Volet rétrospectif

Concernant les patients testés avant la création de PGL.R, leur recensement a été réalisé en effectuant des visites dans les 5 laboratoires réalisant le test génétique. Cette opération a eu pour objectif la collecte exhaustive des cas depuis le début de la réalisation des tests SDHx dans chacun des laboratoires.

 

Rôle du conseiller en Génétique

Son rôle est central au sein du circuit d’échange incluant les médecins prescripteurs, les laboratoires réalisant le test génétique et l’unité de recherche clinique de l’HEGP.

Ses principales tâches sont de :

– mettre à jour la liste d’inclusion du registre

– saisir le formulaire d’inclusion dans la base de données

– renvoyer le formulaire rempli (sortie automatique), un formulaire « vierge » et une             enveloppe T pour la prochaine visite

– communiquer régulièrement avec le médecin prescripteur pour récupérer les données       de suivi

– collaborer avec le biostatisticien et le data manager du projet (queries,..)

– présenter le registre dans différentes réunions

 

Bilan (début 2015)

A la fin de la première année d’existence du registre environ 650 patients, issus de la France entière, ont été inclus dont 47 de façon prospective.

Pour tester la base de données, quelques analyses statistiques simples ont été réalisées (description des gènes, âge au diagnostic de la première tumeur…)

Quelques difficultés ont été rencontrées au cours de la mise en place du registre, telles que la récupération des données prospectives des analyses effectuées dans le laboratoire de Lille, ou encore la complexité du formulaire de départ qui a dû être simplifié à la suite des remarques des cliniciens l’ayant rempli.

 

Par Samir Jocelini Do Rego

 

Les évènements à venir

Un certain nombre de séminaires et colloques à venir ne manqueront pas de vous intéresser :

 

  • Trisomy 21 Research Society (T21RS) International Conference: Changing paradigms in Down Syndrome

Date: du 4 au 7 Juin 2015

Lieu: Hôpital de la Pitié Salpêtrière, Institut du cerveau et de la moelle épinière, Paris

1ère conférence internationale organisée par la Trisomy 21 Research Society. Elle cherchera à faire le point sur les connaissances actuelles concernant la Trisomie 21 ainsi que les reflexions et perspectives d’avenir l’entourant

Pour en savoir plus : http://www.t21rs.org/news-meetings

 

  • The EUROPEAN HUMAN GENETICS CONFERENCE 2015

Date: du 6 au 9 Juin 2015

Lieu : The Scottish Exhibition and Conference Centre, Glasgow, Ecosse

Organisée conjointement avec The British Society For Genetic Medicine, ce forum se concentrera une nouvelle fois à faire le point sur les recherches en cours.

Pour en savoir plus : http://rd-connect.eu/event/eshg-2015/

 

  • 38th European Cystic Fibrosis Conference

Date: du 10 au 13 juin 2015

Lieu: Square Brussels Meeting Centre, Bruxelles, Belgique

Pour en savoir plus : https://www.ecfs.eu/brussels2015

  • Congrès de la société française de médecine prédictive et personnalisée : Génétique et Oncologie, l’oncologie des 4 P : Prédiction, Pronostic, Précision, Personnalisation

Date : 12 et 13/06/2015

Lieu : Faculté de médecine de Montpellier

Ce congrès est organisé par la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée : il portera sur l’oncologie des 4 P : Prédiction, Pronostic, Précision, Personnalisation.

Il regroupera des acteurs majeurs de la génétique et de l’oncologie française, mais aussi des personnalités autour de l’éthique (Jean Francois Mattei, l’éthicien Pierre Le Coz, l’écrivain Eliette Abecassis) et de la politique de santé (Jacques Biot , président de polytechnique ; Frederique Nowak , Institut du cancer; le député Vialatte, auteur du rapport sénat-assemblée sur la médecine personnalisée).

Un point sera fait sur les avancées de la génétique et l’essor de la médecine personnalisée en cancérologie.

 

  • Genomic Counselling for Genetic Counsellors

Date : 2 et 3 juillet 2015

Lieu : Hinxton, Angleterre

Cet atelier vise à approfondir les compétences des conseillers qui doivent faire face à l’arrivée du séquençage génomique dans la pratique clinique.

Pour en savoir plus : https://registration.hinxton.wellcome.ac.uk/display_info.asp?id=485

 

  • 10th European Cytogenetics Conference

Date: du 4 au 7 juillet 2015

Lieu: Palais des congrès et Parc des expositions, Strasbourg

Cette conférence a lieu tous les 2 ans. Elle met en avant les dernières techniques de cytogénétique en passant par la biologie moléculaire, les puces, la microscopie ou encore la bio-informatique.

Pour en savoir plus : http://www.eca2015.org/en/

 

  • SSIEM Official Satellite Symposia – Second World Conference on Congenital Disorders of Glycosylation (CDG)

Date: du 28 au 30 aout 2015

Lieu: 2ème conférence ayant pour thème le syndrome CDG qui aura lieu cette fois-ci en France, à Lyon.

Elle vise à sensibiliser le public à cette maladie et à favoriser entre patients, membres de leur famille, chercheurs et médecins.

Pour en savoir plus : http://www.thefog.ca/world-conference-on-cdg.html

 

  • Rare 2015

Date : 26 et 27/11/2015

Lieu : Le Corum, Montpellier

2 journées consacrées aux maladies rares permettant de découvrir les nouveautés, échanger avec des experts, développer des partenariats, enrichir son réseau et/ou exposer ses dernières innovations.

 

  • 8ème assises de génétique humaine et médicale

Date : du 03/02/2016 au 05/02/2016

Lieu : Cité internationale, Lyon

Rendez-vous incontournable de la génétique qui, après avoir eu lieu à Marseille puis Bordeaux, sera organisé l’année prochaine à Lyon

 

Par Céline Gahou et Thomas Seytier

 

Quelques petites news dans le monde de la génétique

Mise en ligne de fiches « Critères diagnostiques »

Les fiches « Critères diagnostiques » viennent compléter la collection de textes répertoriés par Orphanet pour les maladies rares. Il s’agit de mettre à disposition des professionnels des critères diagnostiques validés et reconnus par la communauté scientifique, pour des maladies rares. Ces fiches sont reproduites ou adaptées d’articles parus dans des revues scientifiques à comité de lecture. Elles sont accessibles via les liens « Critères diagnostiques » situés au bas des pages maladies, dans la section « Informations supplémentaires ». Elles sont également répertoriées dans l’Encyclopédie pour professionnels qui liste les maladies par ordre alphabétique.

La mise en exergue de ces critères, qui complète la description des maladies de l’Encyclopédie Orphanet, vise à faciliter le diagnostic de ces maladies et de ce fait la prise en charge précoce des maladies. Des fiches sont d’ores et déjà disponibles comme pour le syndrome de Marfan par exemple.

 

92 920 108 euros récoltés pour le Téléthon 2014.

Comme chaque année, le Téléthon a permis de relayer l’appel à la générosité et de répondre à la fidélité des téléspectateurs en valorisant les différentes actions menées sur l’ensemble du territoire auprès du public. Une fois de plus, les téléspectateurs ont montré un formidable élan de solidarité en apportant leur soutien, leur écoute et leur générosité à cette grande cause. Cette mobilisation a été accompagnée par France Télévisions et TV5 Monde.

Un grand merci également aux bénévoles qui, comme chaque année, se sont mobilisés avec joie et de bonne humeur pour rendre le téléthon possible.

 

Comme les autres années, la plateforme Maladies rares s’est aussi mobilisée. Pendant le Téléthon, la 15e Marche des maladies rares a été organisée à Paris par l’Alliance maladies rares, collectif de 200 associations de malades et de parents de malades concernés par une maladie rare.

Nouvelle édition de deux Cahiers Orphanet sur la prévalence des maladies rares.

Grâce à cette mobilisation, l’AFM-Téléthon, les familles des malades et les chercheurs pourront continuer à combattre les maladies rares. Les prochains défis à relever par le Téléthon seront représentés par le démarrage d’un essai de thérapie innovante pour la myopathie de Duchenne, un nouvel essai pour la maladie de Crigler Najjar, une maladie rare du foie, deux essais de thérapie cellulaire préparés par I-Stem pour la drépanocytose et la rétinite pigmentaire et l’ouverture d’I-Motion, un centre clinique pédiatrique pour les essais innovants qui sera situé au sein de l’hôpital Trousseau. Il faut également rappeler que le Téléthon soutient actuellement une trentaine d’essais cliniques en cours ou en préparation dans le domaine de la thérapie génique, de la thérapie cellulaire et de la pharmacologie. Près de la moitié d’entre eux concernent des maladies neuromusculaires, les autres concernent d’autres maladies rares.

Inscrivez dès à présent dans votre agenda les dates du prochain Téléthon 2015 qui aura lieu les 4 et 5 décembre 2015.

 

Retour sur la 8e Journée internationale des maladies rares

La 8e Journée internationale des maladies rares s’est tenue le 28 février dernier. A cette occasion, près de 90 pays ont manifesté leur soutien aux malades. Cette année, le thème retenu pour cette journée était « Vivre avec une maladie rare » et le slogan « Ensemble, jour après jour », évoquant la solidarité entre familles, associations de patients et communautés. Créée et coordonnée par EURORDIS, organisée par les alliances nationales des maladies rares du monde entier, la Journée internationale des maladies rares sensibilise le grand public, mais aussi les décideurs politiques, les autorités, les représentants de l’industrie, les chercheurs et les professionnels de santé.

En France, plus de 30 manifestations réparties dans 11 régions ont eu lieu en cette journée, telles que la mise en place de stands de sensibilisation et d’information, des concerts, des conférences, …

Au niveau international, le débat « Rare but real: talking rare diseases » organisé par EURORDIS a eu lieu à Bruxelles le 24 février.

A Paris, la Plateforme maladies rares (AFM-Téléthon, Alliance maladies rares, EURORDIS, Fondation maladies rares, Maladies rares info services et Orphanet) a organisé une conférence de presse le 19 février afin d’aborder quelques grands enjeux tels que l’accès au diagnostic, à l’information, au lien social, aux soins, aux traitements et aux thérapies innovantes.

du Dr Alain Bernheim, président de la Société française de génétique humaine.

 

Prolongation du 2e Plan national maladies rares

L’annonce de la prolongation jusqu’à la fin 2016 du 2e Plan national maladies rares (PNMR2) 2011-2014 a été faite lors de la dernière réunion du Comité de suivi et de prospective du plan (COSPRO) le 17 décembre dernier. L’objectif est de compléter et concrétiser des actions qui ont pris du retard ou qui nécessitent d’être consolidées. Cela permettra également de mettre en œuvre l’évaluation du PNMR2, préalable à toute décision d’instauration d’un troisième plan.

Le programme de travail 2015 prévoit :

– développer ou de consolider des actions commencées, telles que la mise en place effective des filières maladies rares

– la conduite d’une réflexion concernant la définition de procédures de création ou de recomposition des Centres de référence maladies rares (CRMR) ainsi qu’un nouveau processus de labellisation des CRMR seront établis, et la cartographie des centres révisée.

– La mise en place de la première phase de la Banque nationale de données maladies rares (BNDMR), à savoir BaMaRa (Base maladies rares), sera déployée après autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

– La poursuite des travaux du groupe expert sur l’implémentation de la codification des maladies rares avec la nomenclature Orpha (résultats étant attendus à l’automne).

– En ce qui concerne les laboratoires de génétique humaine, un référentiel des actes hors nomenclature sera publié, intégrant les modalités de leur prise en charge financière. Une réflexion sera conduite pour la définition d’une doctrine nationale sur le déploiement des techniques de séquençage à haut débit (techniques NGS) au sein des établissements de santé.

– L’évaluation du PNMR2

 

Adoption du 2nd Schéma national pour les handicaps rares 2014-2018

Le Comité technique national de suivi du Schéma national pour les handicaps rares a adopté, sous la présidence de la Secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Dr Ségolène Neuville, le second Schéma national. Ce second Schéma prend appui sur les acquis du premier Schéma, notamment sur la structuration des Centres nationaux des ressources handicaps rares (CNRHR), ainsi que sur le développement de l’information, auquel Orphanet participe, et de la recherche. La notion même de handicap rare est revisitée, car les connaissances et l’expérience acquises au cours du premier schéma ont entraîné la nécessité d’une évolution de cette définition, afin de prendre en compte le concept de handicap complexe, en plus de celui de double déficience.

Le second Schéma se décline donc autour de quatre objectifs généraux :

– Déployer l’organisation intégrée au sein des territoires afin d’incorporer les différents niveaux de prise en charge.

– Améliorer la qualité et la continuité des parcours de vie, ainsi que l’accès aux ressources à tous les âges de la vie.

– Développer les compétences individuelles et collectives sur les situations de handicap rare.

– Améliorer la connaissance, la recherche et la culture partagée sur les situations de handicap.

Pour en savoir plus : http://www.social-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/communiques,2322/adoption-du-2nd-schema-national,17625.html.

 

Sortie des Actes de la première journée de réflexion éthique sur l’accompagnement des associations dans l’annonce du diagnostic et dans l’écoute

Le 24 janvier 2013, l’Alliance maladies rares a organisé la première journée de réflexion éthique sur l’accompagnement des associations dans l’annonce du diagnostic et dans l’écoute. Les actes de cette journée sont désormais disponibles.

Lors de cet événement, des sujets tels que la première annonce de la maladie ont longuement été abordés par Catherine Avanzini, membre de la Commission éthique, avec pour objectif de répondre à la question suivante : qu’est-ce qu’une annonce légalement éthique ? La loi de bioéthique de 2011 a également été présentée au travers de deux situations : l’examen des caractéristiques génétiques et le diagnostic prénatal. Les médecins généticiens Sylvie Odent et Laurent Pasquier ont ensuite présenté leur expérience d’annonces de diagnostic, et Bernadette Roussille, membre de la Commission éthique, a parlé d’éthique appliquée à l’écoute et à l’accompagnement telle que cela est pratiqué dans les associations. Enfin, des écoutants ont témoigné, notamment le Dr Christine Vicard de Maladies rares info services, le service d’écoute et d’information sur les maladies rares, et Mireille Clément, de l’Association française contre l’amylose.

Lire les Actes : http://www.alliance-maladies-rares.org/wp-content/uploads/2014/12/journeeethique2013pageapage.pdf

 

Inauguration officielle de RaDiCo, le programme national « Cohortes Maladies Rares »

Le lancement officiel de la plateforme RaDiCo (Rare Disease Cohorts) a eu lieu le 4 mars dernier à l’Ecole nationale d’administration (ENA), mais les travaux sont d’ores et déjà en état de marche.

RaDiCo a pour objectif de développer des cohortes à des fins de recherche afin d’élucider différents aspects des maladies rares tels que leur histoire naturelle, leur physiopathologie, les corrélations génotype-phénotype, leur impact sociétal et médico-économique, leurs possibilités thérapeutiques… Un autre de ses objectifs est d’inscrire ces cohortes dans des projets de recherche nationaux et internationaux et dans des partenariats publics-privés. RaDiCo souhaite que son développement soit intégré dès le départ aux autres actions structurantes du champ des maladies rares, telles que la Banque nationale de données maladies rares (BNDMR) et les filières maladies rares.

Pour en savoir plus : http://www.agence-nationale-recherche.fr/informations/actualites/detail/maladies-rares-lancement-de-la-plate-forme-radico-et-de-seize-premieres-cohortes/

 

Première chirurgie fœtale pour un cas de spina bifida en France

Le Service de Médecine Fœtale de l’Hôpital Armand Trousseau, en collaboration avec l’équipe de neurochirurgie de l’Hôpital Necker-Enfants Malades a réalisé avec succès la première réparation in utero d’une malformation du tube neural, le spina bifida. La réparation prénatale de cette malformation réalisée vers 5 mois de grossesse permettait de réduire le handicap de ces enfants en protégeant la moelle.

Il s’agit du même type d’intervention que celle pratiquée à la naissance. La réparation in utero se pratique depuis une quinzaine d’années aux Etats-Unis et au Brésil mais n’avait jamais été pratiquée en France. Elle limite les troubles cérébraux, mais n’empêche pas toutes les conséquences de la maladie, notamment l’incontinence. Elle augmente les risques de prématurité. Néanmoins, malgré ses limitations et ses risques, il s’agit d’une pratique considérée par certains comme le standard pour la prise en charge précoce du spina bifida.

 

Le Royaume-Uni approuve la fécondation in vitro avec remplacement mitochondrial

Environ 125 bébés naissent chaque année en Grande-Bretagne avec un dysfonctionnement mitochondrial transmis par la mère. Les députés britanniques ont autorisé la fécondation in vitro avec remplacement mitochondrial pour les femmes portant des mutations pathogènes dans leurs gènes mitochondriaux, afin que celles-ci puissent donner naissance à des enfants génétiquement apparentées sans risque d’être atteints d’une maladie mitochondriale. Cette technologie consiste à retirer de l’ovule de la mère la mitochondrie défectueuse pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d’une autre femme. Après avoir été fécondé par le sperme du père en laboratoire, l’ovule est implanté dans l’utérus de la mère. Les femmes qui voudront pratiquer cet acte devront demander l’autorisation à l’organisme britannique responsable en bioéthique, le Human Fertilisation and Embriology Authority (HFEA). Les premiers enfants issus de cette technique pourraient naître dès l’automne 2016.

Pour en savoir plus : http://www.nature.com/news/scientists-cheer-vote-to-allow-three-person-embryos-1.16843

 

Première implantation d’un œil bionique Argus II aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg chez un patient atteint de rétinopathie pigmentaire

Le 5 mars 2015, un communiqué de presse annonçait la première implantation du système de prothèse rétinienne Argus II réalisée en collaboration avec le Centre de référence maladies rares CARGO (Affections rares en génétique ophtalmique) et le service d’ophtalmologie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Cette opération a été effectuée avec succès grâce aux équipes des Professeurs Hélène Dollfus et David Gaucher chez un patient devenu aveugle suite à une rétinopathie pigmentaire.

Ce système de prothèse rétinienne a été développé par la société Second Sight, leader mondial des prothèses visuelles pour les personnes aveugles. Argus II est le premier et unique implant commercialisé, destiné à restaurer partiellement la vue chez des personnes atteintes de certaines formes de dégénérescence rétinienne. Il a obtenu des autorisations de mise sur le marché en Europe et aux Etats-Unis. Il est utilisé aujourd’hui par plus de 100 patients dans le monde et bénéficie d’un recul clinique de plus de sept ans pour les premiers patients ayant bénéficié de ce traitement. En Europe, il est disponible et remboursé en France, Allemagne et Italie. 36 patients seront implantés dans les prochains mois en France.

Lire le communiqué de presse : http://www.chru-strasbourg.fr/sites/default/files/documents/edito/cp_chustrasbourg_projet_argus_2_05mars2015.pdf

 

Prudence vis-à-vis des expositions aux rayonnements ionisants des patients atteints d’ataxie télangiectasie et des personnes porteuses hétérozygotes

L’ataxie télangiectasie est le syndrome génétique associé à la plus forte radiosensibilité connue chez l’homme et à l’une des plus fortes prédispositions aux lymphomes. Les personnes porteuses des mutations hétérozygotes ne présentent pas de syndrome d’ataxie télangiectasie, mais elles ont une forte prédisposition au cancer. Même si aucun cas clinique de radiosensibilité tissulaire n’a été officiellement reporté après radiothérapie chez les porteurs de mutations hétérozygotes, la littérature scientifique incite à la prudence. Pour les patients homozygotes, il y a nécessité absolue d’éviter toute exposition à des irradiations ionisantes à visée thérapeutique (radiothérapie). La prudence s’impose également lors de radiologie diagnostique chez ces patients. Pour les porteurs de mutations hétérozygotes du gène ATM, l’exposition aux radiations ionisantes à visée diagnostique doit également être justifiée et limitée.

Lire les recommandations : http://www.aprat.fr/cariboost_files/Lettre-AT-25f_C3_A9vrier2015.pdf

 

Actualités des associations

Création de livres et de jeux pour enfants déficients visuels par l’association Mes mains en or

Parti d’un constat que les livres adaptés pour enfants déficients visuels étaient rares, l’association Mes mains en or a décidé de créer des livres et des jouets adaptés pour ces enfants. Un catalogue est disponible sur son site permettant d’emprunter les livres et les jouets. Ces livres sont tactiles, imprimés en gros caractères, transcrits en braille et colorés pour stimuler les restes visuels des enfants. Cette association réalise également des livres stériles destinés au service d’oncologie pédiatrique de Limoges.

Consulter le catalogue : http://www.mesmainsenor.com/nouvelle_page.ws

 

Medias et presse

Une bande dessinée sur l’hémophilie publiée par l’Association française des hémophiles

L’Association française des hémophiles (AFH), avec le soutien d’Octapharma, a inauguré la publication d’une bande dessinée retraçant les aventures d’Alexandre, une jeune hémophile. Chaque trimestre, de nouvelles planches seront publiées dans la revue « Hémophilie et maladie de Willebrand ».

 

Parution d’un livre sur les syndromes d’Ehlers-Danlos et de Marfan

A l’aide de différentes approches (psychanalytique, transgénérationnelle, psychosomatique, sociologique), Hélène Chaumet, psychologue clinicienne aux Hospices Civils de Lyon dans un service de génétique, aborde dans son livre « Penser la maladie génétique : enjeux psychologiques et perspectives » deux maladies génétiques rares (le syndrome d’Ehlers-Danlos et le syndrome de Marfan) en prêtant l’oreille au discours des patients et des soignants. Ce livre met en parallèle les liens du corps et les liens relationnels, interroge les difficultés de la communication entre médecins et patients, leurs conséquences, et insiste sur les effets thérapeutiques de l’écoute et de la parole qui permettent à chacun de révéler ses propres ressources psychiques.

Livre : Penser la maladie génétique : enjeux psychologiques et perspectives

Editeur : L’Harmattan

ISBN : 978-2-343-02027-3

 

Parution du livre « La mucoviscidose en héritage »

En partant du principe que nos gènes parlent de nous, de nos parents et de nos ancêtres, Nadine Pellen, sociodémographe spécialisée en sociologie de la santé et de la famille et en anthropologie génétique, remonte la trace des porteurs d’une altération du gène CFTR par le biais des généalogies ascendantes, pour en isoler « l’effet fondateur ». Elle aborde de manière novatrice la lecture d’une transmission génétique, permettant une approche collective et non plus individuelle. Elle établit une histoire spatiale et humaine qui se décline en une riche cartographie particulièrement révélatrice. Pour cette étude, elle a travaillé en étroite collaboration avec le Centre de Perharidy à Roscoff, spécialisé dans le traitement de la mucoviscidose.

Livre : La mucoviscidose en héritage

Editeur : INED Editions

ISBN : 978-2-7332-0183-1

 

Parution de fiches pratiques pour vaincre les troubles du sommeil de l’enfant handicapé

Le magazine Déclic met à disposition onze fiches pratiques pour vaincre les troubles du sommeil de l’enfant handicapé et l’aider à mieux dormir. Ces fiches fournissent des informations pour décrypter les tracas nocturnes des enfants atteints de maladies rares, de polyhandicap… Elles se composent de trois fiches pour bien caractériser le problème et de huit fiches par handicap pour trouver des solutions.

Pour télécharger gratuitement ces fiches : http://www.magazine-declic.com/fiches-pratiques/sommeil/handicap/

 

Par Nathalie Delhomme-Duroudier